En mai dernier, Caroline, Jessica, Danny, Annie, Claire et Charlotte se sont envolées pour l'Italie, à la découverte de l'approche Reggio ! 
Caroline vous embarque avec elle(s) au coeur de son carnet de voyage !

« Vous ne vous souvenez plus très bien où vous avez entendu ce mot… : « Reggio ». Est-ce le prénom du fameux acteur de la Dolce Vita ? Le nom d’un gâteau italien ?  Ah mais oui bien sûr, vous avez lu ce mot dans un de nos articles qui parlait de la pédagogie de la ville de Reggio Emilia, en Italie !

Vous savez tout comme moi qu’EPONYME souhaite le meilleur pour les (vos) enfants. Alors, 5 professionnelles de nos crèches et moi-même sommes allées découvrir ce monde où, à un moment donné, les familles ont eu envie du meilleur pour leurs enfants : elles avaient souffert du régime de Mussolini et de l’embrigadement de la jeunesse et ont voulu que les enfants deviennent des citoyens éclairés.

Dans la reconstruction d’Après Guerre, comment remettre de la culture dans la ville ? Les hommes voulaient des théâtres, les femmes ont voulu des écoles. De là est née à la fin des années 40, la première école autogérée par des hommes et des femmes qui partageaient la même vision éducative, accompagnés par un enseignant pédagogue, Loris Malaguzzi. Construite brique par brique grâce aux destructions alentours, la future école avait un défi : faire que l’école ne soit pas juste un lieu où on transmet la culture mais bien un lieu où on construit la culture. Pour cela, une pédagogie activie a été créée de toutes pièces La pédagogie menée en s’inspirant de courants de grands penseurs et pédagogues : Vygotsky, Freinet, Erikson, Ferrière… Loris Malaguzzi s’y rendait quant à lui tous les jours à vélo pour observer les personnes qui y travaillaient.

Peu à peu avec l’aide de  Loris, des groupes de parents et de femmes et hommes politiques se sont organisés pour faire plus de place aux enfants dans la ville, pour que des institutions soient créées pour les accueillir et surtout pour que l’éducation que les enfants recevront soit la meilleure possible. 5 écoles de l’enfance (3/6 ans) ont ouvert dans la ville dans les années 60 et la première crèche en 1971.

C’est ainsi que depuis plus de cinquante ans les réalisations éducatives et sociales pour la petite enfance à Reggio Emilia sont devenues un modèle. De nombreux pays du monde entier viennent visiter les différentes institutions, crèche et maternelles, pour s’en inspirer et de nombreux écrits ont été publiés à leur sujet. Lors de notre séjour au mois de mai, nous avons eu la chance d’assister à des conférences d’enseignants – « pedagogista » et  « altelierista -, de nous immerger dans  le centre de recherche et de documentation de Loris Malaguzzi et de visiter un Nido (une crèche) de la ville.

Nous avons vu des enseignants et des enfants chercheurs, qui travaillent et jouent ensemble.
Nous avons vu des enfants en capacité d’échanger leurs points de vue, dès tout-petits.
Nous avons vu des enfants curieux, heureux, écoutés.
Nous avons vu une parole respectée, notée, ré-interrogée.
Nous avons vu des enfants de 3 ans, en crèche, étudier la nature, filmer les arbres, projeter les images, comparer les tailles de vraies feuilles avec les feuilles projetées, tenter de reproduire ce qu’ils voyaient en argile.
Nous avons vu de réelles « équipes éducatives » avec des enseignants accompagnés dans leurs observations par des « pedagogista » (professionnels qui travaillent sur plusieurs services at qui rencontrent les enseignants, les enfants et les familles). Avec des « atelierista » (professionnels diplômé en arts plastiques), qui partagent aussi son temps avec la crèche.
Nous avons vu des équipes qui s’interrogent et s’adaptent aux enfants, aux nouvelles générations, en revoyant leurs propositions. Nous avons vu des familles au coeur du projet, qui font partie de l’expérience, qui ont la possibilité de participer, de proposer des projets, d’échanger chaque mois.
Et nous avons vu l’importance de l’agencement et de l’aménagement des espaces où la beauté résonne avec le respect. Les enfants ont la liberté de penser, créer, explorer dans des endroits architecturalement pensés et beaux. Tout sert, tout est utile et ce qui fait la particularité de ces lieux éducatifs c’est la présence d’objets précieux au côté d’objets de seconde vie. La façon dont on présente les objets aux enfants leur donne envie : les petits objets de récup’ organisés par couleur, les objets du quotidien mis en scène, un jeu de marchande où l’on trouve de vrais fruits et légumes. Et la nature a sa place dedans et dehors : on trouve des plantes dans chaque pièce et des patios qui regorgent de plantations.

Nous avons pu expérimenter, comme les enfants. Car c’est bien de l’expérimentation que va naître la connaissance. Comme l’a si bien dit l’ « atelierista », « le produit final reste muet ». Nous avons manipulé les matières, la lumière. Nous avons essayé, réessayé, nous nous sommes interrogées, seules et en groupe. Nous avons pris le temps et avons beaucoup appris sur nous-mêmes, avec un lâcher prise certain car le résultat n’était pas l’objectif.

Ingrid Bergeaud, notre présidente passionnée, était allée en voyage d’études en 2016 et a souhaité nous donner aussi la possibilité de le vivre pour le comprendre. Annie, Claire, Charlotte, Danny (agents petite enfance), Jessica (infirmière puéricultrice) et moi (EJE) en ressortons grandies ! Ce fut une expérience riche professionnellement mais aussi humainement. Nous croyons encore plus aux différents potentiels des enfants.

Nous étions déjà convaincue mais nous avons compris :  la passion et l’optimisme sont les forces de notre métier !

A nous de les partager !

L'expérience Reggio en 1 mot, par nos "Ragazze di Reggio"

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