En décembre et février derniers, certaines d’entre vous ont eu l’occasion d’en savoir un peu plus sur l’approche Reggio Emilia, grâce à une formation initiée par Ingrid et Audrey (Lacampagne).
Retour sur une formation riche en échanges…

Objectifs :
– Découvrir
– Réfléchir sur les propositions faites aux enfants et à l’aménagement de l’espace dans les lieux de la petite enfance
– Echanger sur les pratiques professionnelles et le positionnement de l’adulte auprès du jeune enfant

Une nouvelle approche pédagogique peu connue en France
L’approche Reggio Emilia est née dans la ville d’Emilie Romagne, proche de Milan. Après la seconde guerre mondiale, les habitants avaient comme volonté d’ouvrir une école auto-gérée pour les 3-6ans. Cette même école auto-gérée passe sous-gestion de la ville de Reggio Emilia en 1967 suite à des difficultés financières. En 1963 s’ouvre la première école municipale 3-6ans de Reggio Emilia dont la coordination pédagogique est assurée par Loris Malaguzzi. Loris Malaguzzi, enseignant, est à la fois l’inspirateur et l’un des principaux fondateurs de l’approche Reggio.

Que retenir ?
• L’enfant né compétent et a « cent langages » qu’il exprimera au travers de multiples propositions favorisant sa créativité et sa curiosité. Il est capable. C’est un détective, il fait des investigations et aime relever des défis (comprendre comment les choses fonctionnent). L’enfant a des droits (bien plus que des besoins) : le droit d’être aimé, de se sentir protégé, etc. L’apprentissage est guidé par les centres d’intérêts de l’enfant car les enfants n’apprennent pas tous de la même manière et surtout, pas tous en même temps.
• L’adulte porte sur l’enfant un regard optimiste et bienveillant. Il s’attarde sur son potentiel et non sur ce qu’il n’est pas encore.
L’environnement de l’enfant est considéré comme le troisième éducateur de l’enfant (les deux autres sont ses pairs et l’éducateur). Il doit être pensé comme provocant : il invite l’enfant à découvrir, expérimenter, créer, en allant chercher sa curiosité. L’enfant a le droit à la qualité et à grandir dans un lieu qui est beau (lumineux, ouvert). La notion de « prendre soin » passe ici par un investissement des enfants dans l’organisation quotidienne (manger avec véritable vaisselle, préparer les lits, s’occuper des plantes…). On doit ressentir ce qu’il se passe dehors (les saisons, la ville, la campagne) et cela est facilité par la présence de baies vitrées.
La cuisine tient une place centrale dans l’établissement, elle est vitrée et souvent au centre de la structure : « on nourrit le corps et l’esprit »
Les familles sont partenaires et les temps d’échanges et de rencontres avec les parents font partie des missions des éducateurs. Dans cette approche, la place des familles est aussi importante que celle des enfants et des éducateurs. Elles sont invitées à prendre part au projet.
Le lien avec la nature, le respect du vivant, l’utilisation d’éléments issus du recyclage sensibilisent les jeunes enfants et leur famille au développement durable.
La communication est au cœur de cette approche. Ils parlent de documentation : ils prennent le temps d’observer les enfants dans leurs explorations pour, entre autres, déceler le comportement, l’émotion, les expressions des enfants. Ces traces verbales et/ou écrites des explorations des enfants constituent la documentation. Elles deviennent alors des occasions de réflexions et d’interprétation pour l’éducateur qui cherche toujours à aller plus loin dans ses propositions faites à l’enfant en refusant toutes zones de confort. Ces affichages permettent également de valoriser le potentiel de l’enfant auprès des familles, d’abord mais également dans différents lieux du quartier. Il existe une véritable volonté de communiquer « hors les murs » et ainsi placer l’enfant en tant que citoyen.
La crèche, l’école sont des lieux de démocratie. L’enfant est un citoyen à part entière et non un adulte en devenir ou le citoyen de demain. Les enfants doivent être considérés comme des acteurs du présent.


Vos commentaires :

  • « Une formation d’échanges et de réflexion, grâce à laquelle on se sent convaincue et sensibiliser, avec de jolies perspectives d’ouverture professionnelle. »
  • « Cette formation a confirmé mes valeurs professionnelles comme quoi l’enfant est compétent, plein de ressources et qu’il peut apprendre par lui-même. Cela m’a donné envie de me mobiliser pour me documenter sur l’approche et proposer des nouveautés. Cela m’a également permis de m’ouvrir quant à l’utilisation d’autres supports, en particulier pour des ateliers, mais aussi donner encore de la place, une fonction à l’expérimentation, fondamentale en psychomotricité, sans toujours attendre de résultat. J’ai beaucoup apprécié la mise en valeur du matériel utilisé et le concept qu’ils « ont droit au beau ». Cela m’a aussi permis de me positionner un peu différemment : en petite enfance quelque soit l’approche dont on s’inspire, on met en place, on essaye, pour tendre vers, sans forcément avoir « l’étiquette ». La notion de prendre soin a eu une valeur toute particulière tant dans l’approche des enfants mais aussi dans l’interaction que celui-ci peut avoir avec les objets avec lesquels l’enfant évolue : une façon d’être présent au monde qui nous entoure. Il ne reste plus qu’à essayer… »
  • « Il serait utile de créer un book / livret / outils avec avec des idées d’ateliers (natures, espaces, plateaux…) pour aider à mettre en scène les espaces avec le matériel de crèche et de récupérer et avec des outils d’accompagnement de l’enfant. »
  • « Cette formation serait intéressante à proposer à l’ensemble du personnel. »

L’approche Reggio en images :

Gallery with ID 4 doesn't exist.

https://www.youtube.com/watch?v=GK5Hng2iuAk&feature=em-share_video_user

 

Fermer le menu